11 Novembre 2010: A quelques mois des élections présidentielles, je me suis rappelé un texte que j’avais rédigé à mes débuts de blogueur (c’était même ce texte qui m’avait poussé à le créer). Vu le déficit démocratique auquel on assiste: phagocytage des partis d’opposition par la majorité présidentielle, manque de leadership de « l’opposition légale » et désintérêt de l’opinion publique, j’espère que ce texte enclenchera une discussion saine autour des principes de base d’une véritable démocratie Djiboutienne.

NB : Voici quelques propositions concrètes que chaque individu, à son niveau peut essayer d’appliquer afin de contribuer à l’assainissement des « mauvaises habitudes » contractées par nous, les Djiboutiens et contribuer à créer les conditions nécessaires pour un véritable changement de la société.

Croquis d'une manifestation - Laura Genz sur FlickR - Licence CCa
Croquis d'une manifestation - Laura Genz sur FlickR - Licence CCa

A. PROPOSITIONS A CHAQUE INDIVIDU ET A LA SOCIETE ENTIERE

  1. Entamer une réflexion de fond personnelle sur les notions fondamentales de démocratie, de nation, de liberté, etc.  en lisant des livres et des articles de presse sur le sujet, en suivant des programmes (radio, télé, Internet) abordant ces thèmes et en en discutant autour de soi. Continuer à se renseigner et à s’informer sur l’actualité du pays, de la région et du reste du monde.
  2. Adopter une attitude « positiviste » et patriotique par rapport au pays, et refuser les propos qui, pour critiquer le gouvernement, caricaturent notre beau petit pays. Critiquer un politicien véreux n’équivaut pas à salir l’image de son pays, et la personne du président ne doit pas s’identifier à la Nation.
  3. Instaurer un débat véritable et sans concessions avec ses proches, ses amis et ses collègues sur les thèmes sociaux, culturels et politiques, au cours duquel le partage des idées se fait dans un esprit de respect mutuel, et non de confrontation stérile. Critiquer de manière constructive et enrichissante, et non dans l’intention d’insulter, d’humilier ou d’abaisser son interlocuteur.
  4. Refuser la corruption, le pot-de-vin et le favoritisme, même à notre avantage ou à l’avantage d’un proche. En discuter autour de soi et amener ses interlocuteurs à passer du laisser-aller et du défaitisme par rapport à ces fléaux à la véritable prise de conscience.
  5. Refuser le tribalisme et le combattre sous toutes ses formes. Ne pas confondre le souci légitime le passé du peuple ou de l’ethnie dont on est issu avec le tribalisme, qui est ségrégation et obscurantisme (germes de la discorde).
  6. S’impliquer dans la vie de la société en adhérant à des associations, ou en créer, qui sont impliquées dans les domaines qui nous intéressent (environnement, VIH-SIDA, sport, …).
  7. Encourager la solidarité basée sur les liens de voisinage et d’amitié, et non sur les liens ethniques.
  8. Favoriser et entretenir les réseaux d’amitié, en préférant faire appel aux amis plutôt qu’aux membres de son ethnie. Redoubler d’efforts pour minimiser les effets négatifs que causent les règlements des conflits de famille effectués par les « vieux ».
  9. Eduquer les enfants, à l’école et au sein de la famille, dans un esprit de patriotisme et de religion. Encourager la prise de responsabilités et les initiatives des enfants. Leur parler de l’histoire de la famille au sens large, sans tomber dans le tribalisme, et l’histoire du pays.

B. PROPOSITIONS À LA CLASSE POLITIQUE  (MAJORITE ET OPPOSITION)

  1. Rétablir la communication et le débat entre la majorité et l’opposition (dans un esprit de respect et collaboration), à travers la création de journaux libres, indépendantes et non partisanes, et des dispositions garantissant à chacun de ne pas être sanctionné (poursuivi, arrêté, persécuté, licencié, …) pour ses opinions dans sa vie privée et professionnelle.
  2. Refuser et décourager la formation des partis politiques sur des bases ethniques et des intérêts corporatistes.
  3. Rétablir le contact entre la société civile et l’Etat d’une part, et la société civile et l’opposition d’autre part, en encourageant les « intermédiaires » (associations, presse) à jouer un rôle de plus en plus actif, et déterminant dans le développement d’une opinion publique lucide et informée.
  4. Pour tout politicien, adopter une attitude responsable et « consensuelle ». Accepter les critiques constructives et légitimes. Refuser de s’impliquer dans des polémiques stériles et la calomnie des personnes, en différenciant dans ses actes et ses paroles la personnalité privée de la fonction qu’il occupe.
  5. Repenser en profondeur le fonctionnement et les finalités des partis politiques, en privilégiant la culture de la transparence, de la réciprocité et en acceptant que les responsables soient jugés sur leurs résultats.
  6. Favoriser et exiger la création et le développement des associations et d’une presse libre, indépendante et non partisane à travers des dispositions légales et administratives (raccourcissement et allègement des procédures administratives), tout en prévoyant des garanties et des sanctions contre les abus (calomnies, injustices, …).
  7. Développer et proposer, au sein de chaque parti, une vision politique spécifique à court, moyen et long terme intégrant les préoccupations réelles et actuelles des citoyens. Appliquer cette vision à travers des actions concrètes tout au long de l’année. La présenter et l’expliquer aux autres partis, à ses partisans et à la population entière.