Enseigner: vocation ou simple gagne-pain?

Eleves - Balbala/DJIBOUTI

Eleves - Balbala/DJIBOUTI

Durant mon passage au CFPEN (Centre de Formation des Professionnels de l’Education Nationale), notre professeur de psychopédagogie a mis en place un atelier (APA-Atelier Pratique d’Analyse) pour les classes de 2ème Année. Une fois par semaine, nous nous réunissions pour évoquer des thèmes relatifs à l’enseignement.

Un jour, il nous posa une question à chacun d’entre nous: « Pourquoi as-tu choisi d’etre instituteur? »

L’un d’entre nous répondit qu’après avoir échoué au baccaluréat, il avait exercé le métier de pointeur au Port, puis avait connu une période assez longue de chômage. Comme il n’avait pas voulu s’engager dans les forces armées, dont la discipline lui apparaissait trop contrariante, il avait décidé en fin de compte de tenter sa chance à l’examen d’entrée à l’ Ecole Normale.  Après trois essais infructueux, il avait enfin réussi à se faire admettre.

Un autre camarade de classe nous exposa ensuite son parcours. Il avait tout d’abord été gendarme, mais après plusieurs années, il avait choisi de rejoindre le Ministère de l’Education. La raison était toute simple: le salaire était plus important…

Ces quelques réponses nous renseignent sur le rapport que nous entretenons avec le métier d’enseignant. Que représente pour nous le fait de devenir instituteur?

Apparemment, pour la plupart d’entre nous, ce n’était qu’un simple gagne-pain, qui présente l’avantage d’être bien rémunéré et de faire partie du corps des fonctionnaires, ce qui n’est pas négligeable.

Ce qui est le plus surprenant, cependant, c’est qu’aucun d’entre nous n’a évoqué le plaisir d’enseigner, ou l’amour des enfants comme une motivation qui l’aurait poussé à vouloir devenir instituteur. Le métier d’enseignant n’est plus une vocation, mais « un travail alimentaire », dans le sens où il permet de vivre.

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Fruits et légumes/Une légère baisse constatée

MISE A JOUR – Fruits et légumes

fruits et légumes-Djibouti

Marché local des fruits et légumes - Place Rimbaud/Djibouti

Après trois jours de retard pour des raisons de connectivité, voici donc le compte-rendu de mes pérégrinations dans les allées du marché de Riyad. La prochaine fois, j’essaierais d’emporter un appareil photo!

On constate que le mercredi dernier, des fruits et légumes en provenance de la Somalie et du Yémen sont parvenus sur le marché local en force, ce qui a quelque peu baissé les prix. Ceci dit, les consommateurs Djiboutiens préfèrent ceux en provenance d’Ethiopie.

En effet, les agriculteurs éthiopiens et yéménites utilisent, semble-t-il, des pesticides qui rend les fruits et légumes un peu fades, en tout moins juteux que ceux d’Ethiopie, malgré une apparence plus attrayante.

Malheureusement, je n’ai pu obtenir plus d’informations sur les raisons qui expliquent cette soudaine arrivée en force des fruits et légumes en provenance du Yémen et de la Somalie. C’est sans doute lié au fait que les partenaires éthiopiens ont exigés une réévaluation de leurs tarifs.

La pastèque devient de plus en plus chère

MISE A JOUR – Prix des fruits et légumes

Une pastèque


Avant le Ramadan, le kilo était à 70 FDj, il avait monté à 100FDj au début du Ramadan, pour enfin s’établir à 150 FDj. Cette information a été donnée par le journal de la RTD du mardi 24 Aout 2010.

Demain mercredi 25 Aout, c’est le « door », littéralement le tour, qui indique le jour de livraison hebdomadaire des fruits et légumes à Djibouti. Chaque semaine, c’est toujours le mercredi que les fruits et légumes arrivent à Djibouti en provenance d’Ethiopie sur des camions surchargés et brinquebalants.

La semaine dernière, les prix s’étaient envolés du fait d’une inflation artificielle créée par les importateurs Djiboutiens. En gonflant sans justification les prix au kilo des fruits et légumes sans pour autant que les coûts à l’importation n’aient changés, ils ont engrangés de gros bénéfices sur le dos des consommateurs Djiboutiens. En apprenant les pratiques douteuses des commerçants Djiboutiens et la passivité
des consommateurs qui acceptaient ces prix sans broncher, les exportateurs Ethiopiens ont décidé de « réajuster » leurs tarifs.

Cette semaine, après avoir fait mes emplettes au marché de Ryad, je vous communiquerais les prix au kilo de la plupart des fruits et légumes. S’il y a des lecteurs qui s’étonnent qu’un mâle Djiboutien sillonne les allées du marché de Ryad sans qu’il ait un réel problème de virilité (société oblige), sachez aussi que j’aime faire la cuisine…et que je ne suis pas gay!
Restez en ligne, pour notre chronique « Fruits et Légumes »!

Un port à Tadjourah?


Selon Afrik News, site d’actualité africain, Djibouti envisagerait de construire un port à Tadjourah, la ville blanche. Cette information a été relayée par le compte Twitter de l’US Army Africa (@USArmyAfrica).
Le projet de construction de ce port est en tout cas très attendu par l’Ethiopie, toujours selon la même source. En effet, notre voisin est le principal client de Djibouti Port World (DPW), avec une population qui atteindra dans les années à venir 100 millions d’âmes.
Le nouveau port de Tadjourah sera doté de tous les services et pourra toute sorte de bateau, à l’exception des porte-container et les super tanker transportant des hydrocarbures. Ces bateaux se dirigeront vers la « Free Zone » et le Port de Doraleh.

Lire l’article d’Afrik News: New Djibouti Port is all about Ethiopia

L’école se porte bien : le constat de complaisance du BIE

Selon le dernier Bulletin d’information Economique (BIE) rapporté par l’ADI, l’Agence Djiboutienne d’Information, l’école se porte bien. Entre 2004 et 2008, le secteur de l’éducation aurait reçu de l’Etat 43,4 milliards de FDj, et 24 milliards de FDj de « ressources extérieures ». C’est énorme, d’autant plus que, toujours selon la même source, la part de ce secteur dans le budget augmente (23,3% en 2009, 22,5% en 2007).
Il est clair que, vu les chiffres qui s’amoncellent, la volonté du gouvernement à donner une place de choix à l’enseignement dans ses priorités est visible. L’Etat alloue de plus en plus d’argent à l’école, et les partenaires l’épaulent dans cet effort.

Eleves primaire-Djibouti

Des élèves dans une école primaire de Balbala-Remarquez la fenêtre derrière les enfants.


Ceci dit, les chiffres ne reflètent pas la réalité sur le terrain. Dans le faubourg de Balbala, les écoles sont délabrées, le matériel inexistant, l’effectif des classes pléthorique (50 à 60 élèves par classe). Les enseignants sont obligés de composer avec cette réalité: rupture de stock de feuilles blanches, insuffisance des manuels qui sont la plupart du temps dégradés par des élèves qui ne savent plus vraiment la raison de leur présence dans les classes, lacunes dans les acquis d’élèves qui sont admis au niveau supérieur, sans égard à leur niveau réel, plus par souci de respect des quotas administratifs qu’autre chose.
Quantitativement et qualitativement, l’école a beaucoup perdu. Les taux d’échec est bien plus élevé, et des préoccupations administratives et politiques poussent les responsables à mettre la pression sur les pauvres directeurs d’écoles pour qu’ils « réajustent » leurs statistiques.
Le niveau des élèves en expression écrite est catastrophique. Les professeurs des collèges sont effarés de voir des élèves arriver au niveau secondaire sans qu’ils sachent même savoir épeler un mot, et en rejettent la faute sur les enseignants du primaire.
Le Bulletin d’Information Economique dresse un état des lieux lisse et non conforme à la réalité. Notre école publique est en danger, et la fracture économique et social, qui s’est fortement accentuée, se manifeste dans le domaine de l’éducation, sous la forme d’écoles « pour les riches », situées dans les beaux quartiers de la ville (à l’image des écoles de la République et du ZPS), et une école « pour les pauvres », surtout situées dans la banlieue de Balbala.
Mais, avec plus de 60 milliards de FDJ dépensés en 4 ans, il faut bien présenter un résultat aux bailleurs de fonds…

Voici un article publié dans Mon Ecole sur le même sujet: L’école publique en danger?

Montrer par l’exemple : démocratie et protection de l’environnement

Témoignage d’un enseignant en prise avec les interrogations inhérantes à son métier. Le rôle social de l’enseignant est trop souvent occulté par les contraintes horaires et matérielles, qui est hélàs le lot des écoles du Tiers-Monde (pardon, des pays en voie de développement).

Les citoyens en herbe que sont les élèves du primaire sont pour la plupart démunis de culture démocratique et environnementale. Illustration parfaite de leur maigre bagage civique, peu d’élèves sont capables de réciter par cœur l’hymne national, et comprendre l’importance de protéger notre environnement.
A l’école de Dikhil 3, on m’avait confié une classe de 2ème Année de 37 élèves. A la récréation, les enfants ont l’habitude d’acheter des glaces et des sucreries. Après en avoir fini, je remarquais qu’ils jetaient l’emballage par terre, malgré la présence de bennes à ordure de fortune disposées par le directeur dans la cour. Le gardien s’échinait ensuite à ramasser les détritus à la fin de la pause. Les enfants n’hésitaient pas non plus, au cours de leurs jeux, à piétiner les arbustes du jardin situé devant les classes, s’introduisant dans les parterres pour récupérer une balle ou pour tout simplement atteindre plus vite leur classe.
Au bout d’un mois, je demandais à quelques élèves volontaires de rester avec moi à la récréation. Je leur expliquais en quelques mots l’idée : ramasser les saletés de la cour de récréation.
Ceci provoqua l’étonnement général, à la vue d’un enseignant accroupi près du jardin à ramasser les détritus, au milieu de ses élèves. Certains, venus d’autres classes, vinrent nous voir et nous interroger. « Monsieur, qu’est-ce que tu fais ? Mais c’est le travail du gardien, ça ! » Après la récréation, une discussion animée débuta à propos du ramassage des ordures que moi et les volontaires avions effectué. Les élèves semblaient sidérés à l’idée de s’occuper de la propreté de l’école, du moment que l’on pouvait compter sur le gardien. Je leur posais une question : « Pourquoi nettoie-t-on notre maison ? » La réponse était évidente, et en amenait une série d’autres questions jusqu’à la dernière : « A qui appartient l’école ? » A l’Etat, au pays, mais surtout et avant tout à nous, enseignants et élèves. C’est pourquoi nous devons nous soucier de sa propreté, et de la protection du jardin et des arbres.
C’est ainsi que commença notre projet de classe sur la propreté de « notre » école. A chaque récréation, plusieurs groupes autonomes de trois élèves s’occupaient de ramasser les poubelles dans la cour et tout autour du jardin. Je chargeais un élève de déterminer la composition des groupes et de le reporter sur un cahier. Tout le monde était tenu de ne pas casser les branches des arbustes et de dénoncer celui ou celle qui contrevient à cette règle. A la fin de la récréation, il n’y avait plus désormais un seul morceau de détritus ou de branchages qui traînait. Le directeur me promit d’offrir des cahiers et des crayons aux élèves les plus actifs. La remise des cadeaux, à la fin de chaque semaine, se faisait dans une ambiance solonelle, qui récompensait l’amour-propre des enfants et les incitait à continuer leurs efforts.
Le résultat fut impressionnant : les élèves de toutes les classes proposèrent leur aide, tout le monde commença à utiliser les bennes à ordure, et ceux qui endommageaient les fleurs du jardin était immédiatement dénoncés.
Les élèves se souviendront certainement de cet épisode comme une aventure amusante. Cependant, j’espère leur avoir inculqué un tant soit peu le respect de l’environnement et le désir de s’engager dans une activité d’intérêt général : quelques graines qui, bien entretenues, sauront germer dans l’esprit des ces jeunes citoyens en herbe.

Des livres et des élèves

J’ai rédigé cet article pour mon site sur le primaire, Mon Ecole. J’ai voulu le proposer sur ce blog car la problématique soulevée, le rapport des Djiboutiens avec la lecture, et par extension à l’écrit peut intéresser un plus large public que les enseignants.

Les enfants, dans leur langage imagé, utilisent une expression amusante pour désigner le générique de début et de fin, dans les films et les émissions : « achir », qui peut se traduire par « devoir » ou « exercice ». Le générique étant cet amoncellement de noms et d’expressions incompréhensibles et inutiles qui défilent interminablement, l’on peut comprendre (sans justifier) que les enfants, et aussi certains adultes illettrés (ou analphabètes), l’intitulent de cette manière.

Pour eux, tout ce qui est écrit évoque l’école et la contrainte. Ils se rappellent sans doute comme d’un souvenir désagréable le maître les obligeant sans cesse à déchiffrer, dans le livre de lecture, ces mots issus d’une langue étrangère.

La question qui vient immédiatement à l’esprit est : Pourquoi la lecture rebute-t-elle tant nos élèves Djiboutiens ?

Le fait que la langue enseignée ne soit pas leur langue maternelle peut expliquer certainement cet état des choses, mais ce n’est pas tout, on s’en doute. En fait, le rapport qu’ils entretiennent avec le livre est un facteur important. Les élèves qui ont le plus de difficultés avec la lecture sont issus de familles défavorisées, dont les moyens ne permettent pas d’acquérir ou d’accéder aux livres. Pour certains, même accéder au livre de lecture et pouvoir l’utiliser à la maison relève du luxe, les écoles qu’ils fréquentent ne disposant pas de suffisamment de livres.

Le seul livre qu’ils n’aient jamais tenu entre leurs mains étant celui que leur procure l’école, et celui-ci étant synonyme de travail, d’efforts et de contraintes, l’association entre livre/contrainte est vite faite. L’aspect « plaisir et découverte » est absent de ce schéma.

Durant l’année scolaire 2009-2010, j’ai eu l’idée d’inscrire mes élèves de 5ème Année A (Balbala 7) au CCFAR. Après deux ou trois semaines de collecte de l’argent, 38 élèves furent inscrits de cette manière.

Un de mes élèves se découvrit une passion pour l’histoire. Il venait souvent me voir et me rapportait avec enthousiasme ses découvertes ; il avait découvert que la lecture ouvrait vers un monde d’informations passionnantes et de savoir. Il en fut d’autant plus motivé et son niveau en vocabulaire et expression écrite s’en ressentait sensiblement. En effet, ses réponses écrites étaient plus étoffées et cohérentes, il pouvait écrire des phrases correctes.

Bourses pour les étudiants : la diaspora Djiboutienne du Canada se mobilise

RDDc

logo du Réseau de la Diaspora Djiboutienne


Le Réseau de la Diaspora Djiboutienne du Canada (RDDC) a lancé une campagne d’octroi de bourses dédiées aux étudiants de l’Université de Djibouti en dernière année de leur parcours universitaire.
La RDDC est une ONG qui a pour but « de mobiliser les djiboutiens de la diaspora et d’encourager leurs contributions au développement social et économique de Djibouti », en donnant la priorité aux domaines de l’enseignement supérieur et de la réduction de la pauvreté.
Les bourses s’élèvent à un montant mensuel de 25 000 FDj destinées aux étudiants Djiboutiens, en fin de parcours universitaire, et issus de familles aux revenus modestes. Entièrement financées par les membres de la Disapora, elle se veut comme un coup de pouce aux étudiants disposant de revenus limités.
Les étudiants voulant bénéficier de cette bourse doit remplir un certain nombre de critères (dont la première est d’être en dernière année de cursus). Plus de détails en suivant ce lien : Bourses du Réseau de la Diaspora, 2010-2011.

Djibouti attire les investisseurs canadiens

Selon DjibCenter, le groupe canadien Green EnAirgy, spécialisé dans la production d’éléctricité écologique, serait en visite à Djibouti pour « prospecter [des] opportunités d’investissements dans le pays ». Les dirigeants de ce groupe auraient été reçus par le ministre de l’économie et des finances, Mr Ali Farah Assoweh.

Spécialisé dans les « solutions environnementales et la production d’électricité à partir des énergies renouvelables et de leur stockage par air comprimé », Green EnAirgy ne serait pas la seule entreprise canadienne à s’intéresser à Djibouti. En effet, toujours selon DjibCenter, la société québécoise GCI Environnement a effectué un court séjour trois semaines plus tôt.

Plus de détails en suivant le lien suivant : Des investisseurs canadiens à Djibouti