mLa sonnette d’alarme vient encore une fois d’être tirée par les organismes internationaux sur la famine qui sévit toujours à Djibouti. Malgré la volonté affichée du gouvernement de combattre la famine et la pauvreté, ce combat est visiblement loin d’être gagné pour l’instant.

D’après l’IRIN,  Djibouti aurait besoin d’une assistance alimentaire d’urgence à destination de la population rurale.  Selon la « Famine Early Warning Sysytem Network (FEWS Net) », une ONG disposant d’un bureau à Djibouti (Héron),  la population rurale souffrirait de plusieurs années de sécheresse consécutives, et ce, malgré l’annonce de bonnes précipitaions durant la période Juillet-Août de cette année 2010.

Cette sécheresse occasionne une migration massive des ruraux  vers la capitale. Dans l’espoir de trouver de quoi se nourrir, nos habitants de la campagne se dirigent vers la capitale, mais se heurtent à des conditions de vie très précaires, même pour les citadins, qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts. La cause principale : la flambée des prix des produits de première nécessité. Malgré l’annonce d’une régulation des prix « pour la période du ramadan », rien ne semble avoir été fait.

L’aide alimentaire, quant à elle,  est insuffisante et inadaptée. Des organistions telles que l’UNFD (Union Nationale des Femmes Djiboutiennes, association présidée par la première dame, Mme Kadra Haïd) organisent de temps à autre, au cours de cérémonies médiatisées via les organes de presse gouvernementaux, une distribution de vivres.

Les conséquences sont terribles surtout pour les enfants, dont la majorité ruraux et citadins compris, souffrent de malnutrition plus ou moins aigûes. Les visions d’enfants squelettiques et mal nourris sont tellement fréquentes à nos yeux à nous, Djiboutiens que nous ne les remarquons même pas. Pourtant ils sont là, que nous le voulions ou pas. Lens, un blog du New York Times dédié aux photographes, a publié récemment des photos édifiantes d’enfants en situation de malnutrition aigües. Des images poignantes de petits êtres souffrant faibles, au bras de leur mère hébétée et impuissante.

MSF (Medecins Sans Frontières) dénoncent l’inadaptaion de cette aide alimentaire aux enfants, et a lancé une campagne de sensibilisation sur ce thème intitulé « Starved for attention » (Faim de considération, site web dédié à découvrir en cliquant ici).

Pauvreté, sécheresse et flambée des prix. Famine, malnutrition et migration massive. La lutte contre la pauvreté et la famine est vraiment loin d’être gagnée. C’est à se demander si elle n’a jamais commencée…