Selon le dernier Bulletin d’information Economique (BIE) rapporté par l’ADI, l’Agence Djiboutienne d’Information, l’école se porte bien. Entre 2004 et 2008, le secteur de l’éducation aurait reçu de l’Etat 43,4 milliards de FDj, et 24 milliards de FDj de « ressources extérieures ». C’est énorme, d’autant plus que, toujours selon la même source, la part de ce secteur dans le budget augmente (23,3% en 2009, 22,5% en 2007).
Il est clair que, vu les chiffres qui s’amoncellent, la volonté du gouvernement à donner une place de choix à l’enseignement dans ses priorités est visible. L’Etat alloue de plus en plus d’argent à l’école, et les partenaires l’épaulent dans cet effort.

Eleves primaire-Djibouti
Des élèves dans une école primaire de Balbala-Remarquez la fenêtre derrière les enfants.

Ceci dit, les chiffres ne reflètent pas la réalité sur le terrain. Dans le faubourg de Balbala, les écoles sont délabrées, le matériel inexistant, l’effectif des classes pléthorique (50 à 60 élèves par classe). Les enseignants sont obligés de composer avec cette réalité: rupture de stock de feuilles blanches, insuffisance des manuels qui sont la plupart du temps dégradés par des élèves qui ne savent plus vraiment la raison de leur présence dans les classes, lacunes dans les acquis d’élèves qui sont admis au niveau supérieur, sans égard à leur niveau réel, plus par souci de respect des quotas administratifs qu’autre chose.
Quantitativement et qualitativement, l’école a beaucoup perdu. Les taux d’échec est bien plus élevé, et des préoccupations administratives et politiques poussent les responsables à mettre la pression sur les pauvres directeurs d’écoles pour qu’ils « réajustent » leurs statistiques.
Le niveau des élèves en expression écrite est catastrophique. Les professeurs des collèges sont effarés de voir des élèves arriver au niveau secondaire sans qu’ils sachent même savoir épeler un mot, et en rejettent la faute sur les enseignants du primaire.
Le Bulletin d’Information Economique dresse un état des lieux lisse et non conforme à la réalité. Notre école publique est en danger, et la fracture économique et social, qui s’est fortement accentuée, se manifeste dans le domaine de l’éducation, sous la forme d’écoles « pour les riches », situées dans les beaux quartiers de la ville (à l’image des écoles de la République et du ZPS), et une école « pour les pauvres », surtout situées dans la banlieue de Balbala.
Mais, avec plus de 60 milliards de FDJ dépensés en 4 ans, il faut bien présenter un résultat aux bailleurs de fonds…

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