Eleves - Balbala/DJIBOUTI
Eleves - Balbala/DJIBOUTI

Durant mon passage au CFPEN (Centre de Formation des Professionnels de l’Education Nationale), notre professeur de psychopédagogie a mis en place un atelier (APA-Atelier Pratique d’Analyse) pour les classes de 2ème Année. Une fois par semaine, nous nous réunissions pour évoquer des thèmes relatifs à l’enseignement.

Un jour, il nous posa une question à chacun d’entre nous: « Pourquoi as-tu choisi d’etre instituteur? »

L’un d’entre nous répondit qu’après avoir échoué au baccaluréat, il avait exercé le métier de pointeur au Port, puis avait connu une période assez longue de chômage. Comme il n’avait pas voulu s’engager dans les forces armées, dont la discipline lui apparaissait trop contrariante, il avait décidé en fin de compte de tenter sa chance à l’examen d’entrée à l’ Ecole Normale.  Après trois essais infructueux, il avait enfin réussi à se faire admettre.

Un autre camarade de classe nous exposa ensuite son parcours. Il avait tout d’abord été gendarme, mais après plusieurs années, il avait choisi de rejoindre le Ministère de l’Education. La raison était toute simple: le salaire était plus important…

Ces quelques réponses nous renseignent sur le rapport que nous entretenons avec le métier d’enseignant. Que représente pour nous le fait de devenir instituteur?

Apparemment, pour la plupart d’entre nous, ce n’était qu’un simple gagne-pain, qui présente l’avantage d’être bien rémunéré et de faire partie du corps des fonctionnaires, ce qui n’est pas négligeable.

Ce qui est le plus surprenant, cependant, c’est qu’aucun d’entre nous n’a évoqué le plaisir d’enseigner, ou l’amour des enfants comme une motivation qui l’aurait poussé à vouloir devenir instituteur. Le métier d’enseignant n’est plus une vocation, mais « un travail alimentaire », dans le sens où il permet de vivre.