Vous vous souvenez de l’annonce fracassante qui a été faite à la télé  à propos de terres arables achetées par l’Etat Djiboutien en Ethiopie? C’était en 2009, en août 2009.

Une première superficie de plus de 3000 hectares est acquise, à Ballo, un « périmètre agricole ». Une autre  superficie de 5000 hectares est achetée par Djibouti dans une région située à 400 km de la capitale éthiopienne, « et dont les sols sont réputés fertiles pour les cultures de blé ou d’autres aliments de base », dixit La Nation (numéro du 26 Ao.

A cela s’ajoute 55 000 hectares concédés par le Malawi en faveur de notre pays, sur décision du président malawite.  Ce sont donc plus de 63 000 hectares de terres arables situées dans des régions très fertiles de l’Afrique que possèderait désormais la République de Djibouti. Les objectifs affichés étaient d’assurer la « sécurité alimentaire du pays, « priorité des priorités » selon le gouvernement.

Près d’un an plus tard, il serait intéressant de savoir où en est le combat contre l’insécurité alimentaire. Ces terres sont-elles cultivées? Et si elles le sont, est-ce que les récoltes parviennent à Djibouti? Est-ce que ça va permettre de rendre plus abordables les prix des fruits et légumes dans le pays?

Le gouvernement ne communique plus après cette annonce de l’acquisition de ces terres. Aucun suivi n’est assuré dans les médias gouvernementaux, suivant en cela une habitude générale dans le pays qui consiste à ouvrir un chantier (sécurité alimentaire, secteur éducatif, etc…) et puis de ne plus donner de nouvelles sur son évolution. Peut-être parce qu’il n’y a rien à communiquer…

Tout ce que l’on peut dire, c’est que le combat contre la famine est loin d’être gagné, et l’achat de ces terres arables n’a eu aucun impact sur le bien-être général des Djiboutiens en général, et ceux et celles qui souffrent de malnutrition en particulier. Les prix des fruits et légumes ne cessent d’atteindre des sommets.

Alors, que sont devenues ces terres?