Voici une vidéo qui devrait nous faire réfléchir avant de pousser des cris de joie face aux chiffres surréalistes sur notre économie présentés par le gouvernement. Une croissance économique de près de 5%, et des projets « toujours en cours »…

Starved for attention, Djibouti : frustration
envoyé par msf. – L’info internationale vidéo.

La malnutrition touche notre pays de plein fouet et représente les échecs répétés, ou sinon l’inefficacité de l’action de l’Etat à combattre ce fléau, en se repliant sur des actions de « générosité » ponctuels, qui servent plus d’effet d’annonce qu’à autre chose. Distribuer des vivres à une population en manque d’attention ne suffit hélàs pas à faire oublier ces enfants décharnés et souffrant de ce handicap jusque dans leur parcours scolaire: comment un enfant qui n’a pas suffisamment mangé à sa faim, ou qui n’a pas reçu sa dose quotidienne de vitamines peut réussir à l’école?

INDS, ADDS, … des sigles lancés à la face du peuple mais qui sont suivies de peu d’effets concrets. Des budgets astronomiques, et des aides aux montants non moins faramineux, qui au final atteignent rarement leurs véritables destinataires, c’est-à-dire cette « frange de cette population exclue du processus de développement enregistre à charge toutes les conséquences néfastes du chômage, de l’exclusion et de la misère », comme l’a si bien décrit le président de la République, lors d’un discours en 2007.

Aujourd’hui plus que jamais, « solidarité » est un mot qui désigne aux yeux du gouvernement une stratégie de communication servant à montrer aux citoyens que des actions sont en train d’être entreprises, et qui ne trouve sa réalité qu’au sein de la population, entre membres de la famille.

Sécheresse et famine sont le lot quotidien des populations de l’intérieur, résignés à dépendre de l’aide du Programme Alimentaire Mondial. Une population qui accourt vers une capitale asphyxiée par la hausse permanente et continue des prix de première nécessité et l’inflation galopante, aux abois face à un avenir incertain,  incrédule face aux annonces triomphantes de nos gouvernants qui déclarent que le pays va de mieux en mieux et qui ressent les effets de la malnutrition, même dans les couches dites « moyennes ».

Il est normal qu’un pays en voie de développement ait à faire face à des problèmes de sécurité alimentaire, surtout pour un pays qui importe tout ce dont il a besoin. La différence entre un employé et un chômeur à Djibouti ne tient qu’à fil: l’un croule sous les factures et a du mal à vêtir et nourrir correctement ses enfants, tandis que l’autre a du mal à se vêtir correctement sa propre personne.

En luttant contre l’inflation en hausse et la cherté de la vie, le gouvernement pourrait donner un « bol d’air » à une frange de la population non négligeable qui, sans se plaindre de chômage, a du mal à joindre les deux bouts. Les ménages pourraient accéder à une alimentation plus variée si elle était abordable. Comment un chef de famille pourrait songer à acheter des fruits à sa progéniture quand il a du mal à acheter des légumes en quantité suffisante? C’est devenu un luxe pour certains, de même que la viande ou le poisson.

Le problème à Djibouti n’est pas le manque de textes de lois, de programmes de lutte contre ceci ou cela, c’est leur concrétisation et leur suivi, leur absence d’impact sur la population. Pourrait-on arguer que les recettes de l’Etat sont insuffisantes et absorbées par les salaires des fonctionnaires qu’on ne pourrait ignorer les aides des institutions (BAD, FMI, ONU, …) et des pays (France, Qatar, Kowaït, Japon,Chine, …) qui affluent de toutes part.