Le 4 août dernier, le ministre du commerce, Mr Abdoulkader Rifki Bamakrama annonçait qu’il y aurait une baisse des prix de première nécessité, dont les fruits et légumes (voir « Effet d’annonce à l’approche du Ramadan »). Cette annonce s’était faite, d’après la « RTD » en concertation avec les commerçants de la place. Après qu’une équipe du service du commerce intérieur ait constaté une « légère hausse », cette réévaluation à la baisse des prix avait pour objectif affiché de « respecter les prix en vigueur », et ce pour la période du mois béni qui s’annonçait.

Comme je l’ai fait constaté, une semaine après le début du Ramadan, et une seconde fois encore à quelques jours de sa fin, les prix des fruits et légumes n’a cessé d’aller à la hausse. Pour exemple, le kilo d’oignons vendu avant le Ramadan à 100 Fdj avait atteint 300FDj le 2 Septembre! Clairement, l’annonce n’a pas été suivie d’effets concrets, puisque les commerçants n’ont pas respecté les « recommandations » de leur ministère de tutelle.

La question qui vient à l’esprit est donc la suivante: « Pourquoi? » D’après les explications désabusées des vendeuses du marché de Ryad, cette hausse des prix a été décidée par les exportateurs Djiboutiens, sans raisons apparentes, sans que les tarifs des fournisseurs Ethiopiens aient augmentés. En prenant cette décision, les exportateurs Djiboutiens de fruits et légumes ont créés une « inflation artificielle », due d’après eux à l’inflation que subit le pays, notamment la hausse des prix des transports et des hydrocarbures.

Le ministère des Finances, à travers une publication de la DISED (Direction des Statistiques et de la Démographie), avait constaté une inflation de +1,7% en août par rapport à juillet 2010 (voir « L’indice des prix en Août 2010 »). Dans cette publication, il est indiqué en effet qu’il existe une hausse des prix des hydrocarbures.

Cependant, est-ce que cela justifie une hausse de plus de 100% sur la plupart des produits (légumes et fruits)? Il est clair que s’il y a inflation, il y a aussi un manque de contrôle et de suivi de la part du gouvernement Djiboutien.

Par ailleurs, c’est vraiment étonnant à quel point le hasard fait bien les choses. Vous avez peut-être remarqué que le fameux « sercice du commerce intérieur » n’est évoqué qu’au moment de cette annonce, et qu’on en entende plus parler lorsqu’il s’est agi de réprimer cette hausse des prix. C’est comme si son rôle ne consistait qu’à donner plus de crédibilité à l’annonce du ministre, comme pour dire : nos services ont constaté une hausse des prix, nous avons convoqué les commerçants et nous y mettrons bon ordre. Et après? Les commerçants n’ont pas suivi la consigne: que fera ce « service » pour apporter une solution? Aucune communication là-dessus.

Les responsables au gouvernement ont-ils compris qu’il suffisait de dire à la population que « l’on s’occupait de tout » pour qu’elle ne demande plus de comptes? Ou considèrent-ils tout simplement qu’ils n’ont de comptes à rendre à personne, surtout pas à la population?