Voici un article rédigé par Mohamed « Van » Ragueh, le samedi 18 Septembre 2010. Excellente analyse du comportement des Djiboutiens.

Les djiboutiens (par leur plus grands nombres, j’y’entends) n’ont pas encore depassé ce stade de naivé infantile qui ne leur permet rien sinon de vivre nonchalemment leurs quotidiens qui pourtant – et c’est sur – n’est pas le plus enviable au monde. A peine cette premiere phrase terminée, je sais que certains y verront (comme toujours) un quelconque blaspheme voire meme des insultes profanés à l’encontre de tous les djiboutiens, peuple à leurs yeux, de toutes les perfections imaginables sur terre .

Mais je sais que cette confusion entre les termes « critique » et « insulte » ne date pas d’hier ni n’est prete malheuresement non plus à disparaitre. Helas pour toute personne ne sachant point faire la difference encore, il ne sera question ici ni d’un quelconque denigrement ni d’aucune forme de vulgarité et de mepris envers la nation djiboutienne qui garde tout son honneur mais plutôt d’un modeste travail sociologique qui, je precise, n’engage que moi . C’est clair; Il n’y’aura donc matiere à penser que pour les esprits critiques et sagaces sachant faire la part des choses…

Cette conception donc, du monde serein comme les cours d’eau douce, cette complaisance bon gré mal gré avec les contrariétés liés à notre quotidien, cette perfide illusion chronique que nous vivons dans « le meilleur des mondes possibles » sont si blamables mais surtout si derisoires pour quiconque sait et veut penser. Or celles-ci ne peuvent etre que bien examinées, donc bien expliquées( et bien resolues en aval) que si l’on etudie ce syndrome d’Alice-aux-pays-des-merveilles,à la loupe, au niveau donc de l’individu . C’est ce que l’on appele en Sociologie opter pour la methode du paradigme atomique…

Le djiboutien est le centre de son univers, personne ne le niera. Il pense à lui avant même de remarquer que son destin est profondément lié à celui de son voisin. Ainsi donc sa conception du bonheur commence par son propre épanouissement ( son statut social, sa promotion professionelle, ses etudes) et nulle part ailleurs. La famille qui arrive au second degré n’est pas non plus moindre dans ses projets mais plus rien ne se pointe àpres elle, si ce n’est que la providence de Dieu. Or si l’on peut comprendre ce reflexe en raison du contexte socio-economique compliqué et inqualifiable du pays on ne peut l’approuver car il n’est nullement louable ni justifié.

C’est d’une part ce raisonnement égoïste (pourtant dérivé d’une intention légitime; celle de survivre) et d’autre part ce fameux discours fataliste pour se donner bonne conscience : »Que puis-je faire » que le Changement pourtant tant esperé dans toutes les couches sociales du pays ormis la petite bourgoisie, en souffre le plus. Autrement dit: toute la masse populaire djiboutienne souhaite un changement sans pour autant que les djiboutiens à titre individuels ne ressentent un enorme sentiment de justice sociale  ni n’abritent une sincere exigeance d’un grand bonheur partagé entre tous, supérieurs à leurs bonheurs intimes.

Or pendant que chacun pense à soi , court pour soi, vit pour soi dans ce qui ressemble plus à une jungle qu’une Republique, la demographie galopante du pays, le taux d’urbanisme de plus en plus consequent, le chomage chronique, la chereté des aliments de bases et des soins medicaux, la rareté de l’eau, les tensions inter-communautaires, l’instablité institutionelle, la vulnerablité face aux famines et autres catastrophes naturelles, la recrudescances des violences dans les quartiers populaires, la repression et les arrestations arbitraires du regime, l’institutionalisation tout a fait banale du tribalisme dans la rue comme au sommet de l »Etat », l’exclusion sociale resultat de l’echec manifeste de l’Education et le conflit armé au Nord, font leurs bout de chemin sans que nul ne s’en appercoit vraiment ou ne tient à voir.

Aux pays des merveilles, l’abscence même d’une conscience collective ne semble gener personne. Ni l’engagement social ni la responsablité citoyenne ne parviennent à s’enraciner dans les presentes generations qui n’ont de rapport avec leurs pays qu’en fonction de l’importance de l’emploi qu’ils trouveront. Ni les rapports alarmants de l’ONU en matiere de santé, ni le taux d’analphabetisme ni les tensions au Nord et la nouvelle ere d’instablité politique qui debute ne semble parvenir à attirer leur attention sur l’evolution des evenements. C’est la Nation des interets privés, la Nation des bonheurs personnels…

Cependant lorsque dans une Nation fragilisée par tant de crises sociaux-economiques et de surcroit vulnerables à des tensions inter-communautaires , l’on fait le choix du bonheur personnel au detriment de la solidarité nationale et au civisme republicain (ne pas confondre avec la propagande nationaliste/tribaliste/xenophobe) il n’est dans ce cas-là, pas besoin d’etre sociologue pour apprenhender un avenir confus …

Si quand meme notre bonheur persiste et s’entete à etre  la somme d’une politique d’autruche et de notre individualisme flagrant, il va devoir au moins penser à assumer  devant l’Histoire et devant nos enfants lorsqu au bout de cette nouvelle decenie « le bonheur djiboutien » de chacun tournera a la catastrophe nationale.