Journal- FlickR_JustLuc

Comment informer les gens sans rien leur révéler? Est-il possible d’écrire un article de journal qui ne contient pas une seule information substantielle? A ces questions épineuses pour un « journaliste » du Tiers-Monde désireux de garder son job, l’Agence Djiboutienne de l’Information (ADI) vient de répondre par la positive. Les « employés » de cette agence gouvernementale ont réussi l’incroyable défi de rédiger des papiers qui démontrent de manière magistrale que les journalistes peuvent très bien survivre dans un climat hostile aux libertés d’expression et d’information…

Dernièrement, un article publié sur le site de l’ADI a attiré mon attention. L’auteur démontre de manière magistrale qu’il maîtrise à la perfection cet art de ne rien dire, si peu accessible au commun des mortels.

Le titre, assez long, se veut pragmatique et sans concessions: « Deux ans après la lancement du PNDS, l’heure est à l’évaluation des résultats obtenus« . Cet article va donc répondre à cette question: « Quels sont les résultats obtenus par le PNDS ? Et qu’en pensent les partenaires institutionnels (PNUD, OMS, etc…)?

Avant d’aller plus loin, expliquons le sigle PNDS. Il ne s’agit pas d’un parti politique (sic). La Politique Nationale de Développement Sanitaire est, d’après ce que j’ai compris, une politique de réforme dans le domaine sanitaire, « le dernier maillon des plans de développement sanitaire » (dixit l’ADI). Allez comprendre quelque chose dans ce charabia…

Ce qui frappe, tout d’abord, c’est l’absence de statistiques; pour un article qui veut présenter les résultats d’une action menée par l’Etat, c’est étonnant. En fait, l’auteur se contente d’énumérer les présents à cette réunion et leur fonction, le lieu de cette réunion, et la raison de cette réunion (!?). Mais quels sont ces fameux résultats de ce « plan de développement sanitaire »? Ne comptons pas trop sur l’auteur de ce papier pour nous en donner un aperçu.