Le gouvernement aux petits soins pour les citoyens…jusqu’à la mort

Après le 26ème conseil des ministres qui s’est tenu le mardi 26 Octbre, les Djiboutiens ont eu le soulagement d’apprendre par voie de leur média favori (la RTD qui a la particularité d’être unique au monde) qu’ils pourront continuer à enterrer leurs morts dans l’un des deux cimetières de la capitale. Seulement voilà, ils ne pourront plus le faire gratuitement.

Le gouvernement prévoit, avec sa sollicitude légendaire, de mettre sur pied une contribution nationale intitulée « Waqf cimetière ». Cette contribution sera mensuelle et ridiculement peu élevée, vu la situation de crise économique que nous vivons: 200 FDj. L’objectif affiché est d’améliorer la gestion des cimetières: il n’est plus question de reposer dans un terrain vague poussiéreux et à peine ombragé. Les Djiboutiens pourront désormais mourir tranquillement: leurs sépultures seront mieux conservées.

Une précision pour finir: cette contribution ne sera pas versée par l’Etat, mais prélevée sur les salaires des employés. C’est vous dire qu’il y a intérêt à être salarié si on veut mourir dignement dans ce joli petit pays.

Et pour ne pas occasionner de frais supplémentaires et inutiles à votre famille, évitez de mourir de crise cardiaque en plein milieu de la rue, ou écrasé par un chauffard: les frais de conservation de votre corps à l’hôpital public Peltier coûte 5000 FDj par jour…

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Le fatalisme Djiboutien

Les discussions dans les bus et mini-bus peuvent parfois prendre une tournure intéressante. D’une certaine manière, on peut les considérer comme une sorte de baromètre de l’état d’esprit de la population.

Un jour, je n’ai pu m’empêcher de réagir aux propos d’une discourait sur le destin. Son idée était simple: telle jeune personne, après des études à l’étranger et sans expérience a été nommée à un poste important? C’est la volonté d’Allah! Nous ne devions pas nous occuper si cette nomination était dûe au fait que cette personne était née d’une tribu influente: ce serait de la jalousie.

Ces remarques m’avaient tellement hérissées que je me retourais et lui lançait: « Est-ce la volonté d’Allah si cette personne occupe une place qui aurait dû revenir à quelqu’un de plus expérimentée? » Estomaquée, la dame me regarda avec des yeux ronds, puis fit des remarques sur cette jeunesse irrespectueuse et impulsive, ignorante de certaines réalités. J’insistais, et lui demandais si elle pensait que c’était la volonté d’Allah si des personnalités politiques détournent des fonds publics, ou nomment des proches à des postes bien rémunérés.

Après ma tirade, un homme assis à côté de moi me tira discrètement la chemise, et me glissa à l’oreille: « Les gens ne sont pas prêts à entendre ce genre de discours. Ne gaspille pas ta salive. » Me voyant étonné, il s’espliqua: la population, pour la majorité analphabète et très croyante, avait besoin de s’accrocher à certaines idées préconçues et s’était habituée à prendre des raccourcis de raisonnement, afin de ne pas « péter les plombs » et continuer à survivre  dans ce chaudron du diable. Ils avaient besoin de croire que la volonté d’allah expliquait la précarité de leur existence et la gabegie de nos  responsables politiques. Ce qui permettait à chacun de courber le dos en se disant: « Que peut-on y faire? C’est la volonté d’Allah! »

Ce fatalisme permet aussi de vivre sans trop se poser de questions, tout en affirmant  du même coup sa piété. Essayer de chercher une source « humaine » à nos maux revient donc à affirmer qu’on ne croit pas au destin, qu’on est un « gaala yar-yar » (un mécréant).

Cette fausse compréhension du destin laisse peu de place à la liberté de choisir (telle ou telle voie) qu’Allah nous a aussi attribué. L’homme peut faire des choix dans sa vie, et devra rendre compte de ses actions, bonnes ou mauvaises, devant son Créateur, et, dans le cas d’un reponsable (d’une famille, d’une entreprise, d’un Etat), devant la société des hommes.

Tout le monde a le choix et devra assumer les conséquences de ses décisions. Le tout est de savoir si l’on est prêt à refuser de céder à la facilité, par faiblesse morale…

Le « Pays des Braves »…vraiment?

Djibouti a été une fois le « Pays des Braves », lorsque les nomades somalis et afars, nos ancêtres pour la plupart d’entre nous, transhumaient de pâturages en pâturages, drapés dans leur fierté et leur sens aigu du courage et de la vérité. Djibouti a été aussi le « Pays des Braves », lorsque nos pères et mères, défiant  le colon au péril de leurs vies, ont libérés le pays sans hésiter à se sacrifier, portés par leur désir d’indépendance et leur soif de justice. Lire la suite de « Le « Pays des Braves »…vraiment? »

L’ambiguïté Djiboutienne

Un ami à moi, passionné de théâtre, s’est magistralement exécuté au cours d’une pièce de théâtre au Centre Culturel Français Arthur Rimbaud (CCFAR). Dans une scène où il s’exprimait en somali, des spectateurs se sont étonnés qu’un arabe puisse parler aussi bien en somali. Quelques-un ont même, d’après mon ami, exprimé leur étonnement: « Dis donc, c’est un arabe ou un somali, celui-là?! »

J’aurais eu envie de leur répondre: « C’est un Djiboutien, tout simplement… »

Ceci dit, le fait même qu’ils se posent cette question reflètent une certaine conception de l’identité et des rapports inter-ethniques typiquement Djiboutienne et très dangereuse à la fois: pour eux, Djibouti n’existe pas en tant que nation, mais comme un espace géographique très arbitrairement déterminé par les ex-colons français et dans lequel cohabitent, chacun dans leur coin, différentes ethnies, dont certaines ont plus de droits que d’autres. Malheureusement partagé par plus de personnes que l’on ne veut bien le croire à Djibouti (ou même dans la diaspora), cette vision très « ethnique »  de Djibouti ne laisse aucune place à l’idée d’une identité Djiboutienne commune, à l’image du « melting pot » américain où toutes les identités spécifiques se mélangeaient, chacun apportant le meilleur de ce qu’il avait à offrir, pour ne former qu’une seule et même nation.

Il sera difficile de développer un pays tant que ses citoyens ne seront reconnaîtront pas comme membres d’une seule et même nation, et non comme les ressortissants d’une tribu. Et c’est bien là le problème: comment concilier l’appartenance à une tribu et à une nation à la fois? Faut-il renier l’un ou l’autre? C’est le grand défi qui attend les Djiboutiens, s’ils veulent vraiment construire une nation, et non un supermarché accoté à une caserne et à un port, une image qui résume bien, à mon avis, la situation actuelle du pays.

Ce qui est évident, de prime abord, c’est que l’identité d’une personne, tout autant que celle d’une nation, n’est pas constituée que d’un seul aspect. Amin Maalouf a signé une oeuvre sublime, « Les identités meurtrières », dans lequel il évoque la multiplicité des aspects de l’identité, et le conflit interne que peut engendrer l’appartenance à deux ensembles géographiques, raciales ou autres, qui sont en opposition relative. Comment être arabe et chrétien à la fois, dans un pays où la majorité de vos compatriotes sont musulmans? Comment s’exiler, fuir son pays d’une certaine manière, et prétendre y être attaché? Suis-je plus libyen que français? A travers sa propre histoire personnelle, l’auteur nous permet d’explorer le territoire chaotique et torturé de l’identité, et nous invite à nous poser les mêmes questions, mais ne nous promet pas qu’on trouvera toutes les questions.

C’est le cheminement qu’a pris, il me semble, un blogueur Djiboutien – @Sougeuh – en s’interrogeant, avec ses propres mots, sur l’ambiguïté de l’identité Djiboutienne dans un article au titre très original (sic).  Il commence son papier ainsi:

Pourquoi pas appartenir a un certain groupe ethnique,tribale,clanique et sous-clanique et être citoyen d’une nation multi-ethnique,multi-tribale,multi-clanique et multi-sous- clanique à la fois?

Cela pourrait paraître surprenant à première vue – surtout compte tenu de l’état d’esprit dominant à Djibouti, caractérisé par l’absence de réflexion et l’hostilité contre toute forme de débat constructif et sincère – mais posons-nous la question: pourquoi j’aurais honte d’appartenir à telle entité ethnique, tout en me considérant pleinement Djiboutien, au même titre que n’importe lequel d’entre nous? En quoi est-ce si contradictoire? Pourquoi je ne pourrais pas intégrer ces différents aspects de mon identité, tous aussi légitimes les uns que les autres?

La confusion, en grande partie entretenue, entre « tribu » et « tribalisme » joue un grand rôle dans la difficulté qu’ont les Djiboutiens à concilier ces deux aspects de leur identité: appartenance à une tribu, c’est-à-dire à une entité culturelle et une histoire spécifiques, et appartenance à une nation, qui implique que l’on partage une même histoire et des valeurs communes avec des personnes qui ont eux-mêmes leurs propres spécificités.

La question est loin d’être close…

Dubaï World: ses dettes et ses ports africains

Un article du site web Afrik.com fait part de la possible vente du Port Autonome de Dakar, ainsi que ses différentes activités pour éponger les dettes colossales de son actionnaire principal, Dubaï World.

Après avoir pris le contrôle du Port de Djibouti, Dubaï Port a évincé le Groupe Bolloré dans la gestion du Port Autonome de Dakar pour une période de 25 ans. Les résultats ont été au rendez-vous, comme d’habitude avec les ports gérés par Dubaï Port: le port de Dakar est devenu l’un des plus performants d’Afrique.

Dubaï Port appartient à 77% à Dubaï World, le fonds souverain de Dubaï. Ce dernier a une dette colossale qu’il doit honorer, et qui se monte à 31 milliards de dollars. L’une des solutions pour éponger cette dette serait de vendre Dubaï Port pour un montant de 15,3 milliards de dollars. L’un des possibles repreneurs serait le Groupe Bolloré, qui reprendrait ainsi « ses activités africaines », qui comprendraient non seulement le Port de Dakar, mais aussi ceux de Sokhna (Egypte), Maputo (Mozanbique) et Djibouti.

Si ce scénario se concrétise, le Port Autonome International de Djibouti sera entre les mains du Groupe Bolloré, dont le dirigeant Vincent Bolloré est un proche du pouvoir en France. Les cartes diplomatiques risquent d’être redistribuées, à l’avantage des Français.

Les archives à l’heure du changement

>> Par Arcadius HOUNSOUGBO, archiviste à l’AGETUR – ahounsougbo@ agetur.bj – http://www.adab.bj.refer.org – Publié dans le quotidien La Nation du 28 septembre 2006, p.2

LES ARCHIVES A L’HEURE DU CHANGEMENT

Le but visé par cet écrit est de susciter une réflexion sérieuse autour d’un problème récurrent et épineux, celui de la place des archives dans la promotion du changement politique pour un développement durable et partagé de notre pays, le Bénin. Car l’adhésion massive aux idéaux du changement prôné par le Dr YAYI Boni appelle de la part des intellectuels et des décideurs politiques et économiques des réponses pertinentes et innovantes pour la concrétisation de l’espoir suscité. Or, l’action du développement ou plutôt l’action pour le développement se planifie et s’ordonne autour d’objectifs prioritaires clairement définis et la procédure pour les atteindre. A l’heure du changement où le Bénin cherche ses marques pour un décollage économique, social et culturel, il ne semble pas évident que la gestion des archives, autrement dit, le capital d’expériences accumulées dans ces documents soit pris en compte. Or, aujourd’hui, il est évident que seule une gestion moderne et rationnelle des archives de l’administration permet de bâtir le développement sur un socle solide. La richesse d’une nation ne se repose ni sur son énergie, ni sur ses ressources naturelles, mais d’abord sur ses capacités à gérer l’information et à mobiliser les moyens pour réaliser les objectifs définis.

Les archives pour une efficacité administrative

L’information constitue la première ressource fondamentale de nos administrations. Sa gestion, son interprétation et sa conservation constituent les bases de l’action publique pour le développement. Mais au Bénin, on minimise encore aujourd’hui la gestion de l’information dans nos administrations. La cause de cet état de chose est l’amateurisme dans la gestion et l’analyse de l’information par des non spécialistes, ce qui entraîne le blocage ou la contre performance de l’administration, ainsi que la perte énorme de temps, d’argent et d’énergie. Or, l’information contenue dans les archives est d’une utilité pratique pour le bon fonctionnement de nos administrations et indispensable pour le développement de notre nation. En effet, le recours aux expériences déjà réalisées permet à l’administration de gagner temps, argent et travail, toutes choses qui pourraient servir à régler d’autres problèmes plus récurrents. La notion de continuité administrative résume à elle seule cette nécessité pour les administrations de se soucier un peu plus de leurs archives. Pour l’administrateur préoccupé par le présent, l’expédition des affaires courantes prime sur le classement des papiers et sur leur utilité à long terme. L’archiviste, en revanche, met le passé à la portée de l’administrateur et assure la protection des documents d’aujourd’hui en vue des besoins prévisibles des administrateurs du futur. Un processus de prise de décision qui occulte ce facteur d’aide à la décision que constitue la mémoire documentaire de l’institution se révèle un pilotage à vue fondé sur des impressions et des approximations dont le résultat est le piétinement et l’échec à répétition. Nos pays en voie de développement n’ont plus besoin de ces errements.

Les archives pour une bonne gouvernance

La mondialisation de l’information et de l’économie a créé une conscience politique « mondialisée » avec la naissance des groupes de pressions internationaux que constituent par exemple les bailleurs de fonds et nationaux que sont les organisations de lutte contre la corruption et la société civile. Aujourd’hui, la gestion des affaires de l’Etat et des citoyens ne peut plus se contenir dans des pratiques occultes et opaques ayant eu cours dans notre pays dans un passé récent. De moins en moins autoritaires et unilatéralistes, les gouvernants sont obligés de bien faire et de rendre compte à la société des décisions et de la gestion des affaires publiques. C’est dans cette optique, que le gouvernement du changement du Dr YAYI Boni a commandité des missions d’audits dans l’administration publique pour évaluer l’action des administrateurs ayant eu à gérer les affaires et les finances publiques de 2001 à 2005. aussi se pose -t-on la question de savoir s’il est possible de rendre compte fidèlement d’une gestion si les documents devant servir de preuve ont disparu ou sont introuvables ? Les derniers audits ont révélé l’incapacité de l’administration à justifier ou à régulariser un décaissement de plus de 200 milliards de nos francs en ordre de paiement de 2001 à 2005, dixit le Ministre du Développement de l’Economie et des Finances, le 26 Août 2006 au Centre International des Conférences de Cotonou. On ne saura peut-être jamais comment toute cette somme d’argent a été utilisée et à quelle fin. A défaut de preuve documentaire, pourra-t-on situer de façon objective les responsabilités ? Quel est désormais le crédit de notre administration auprès des investisseurs que nous courtisons avec tant d’entrain ?

Nous pensons donc que le changement tant prôné ne peut pas se passer d’une gestion des archives, ce qui donnera aux actions du gouvernement crédibilité sur le plan de la transparence dans la gestion des affaires publiques, visibilité par une définition claire des objectifs à atteindre et les moyens pour y parvenir, objectivité dans les prises de décisions, ce qui évite la navigation à vue, et une élévation du sens de responsabilité des fonctionnaires de l’Etat. Il urge pour le gouvernement du Dr YAYI Boni de prendre un certain nombre de dispositions pour atteindre cet objectif de qualité dans nos administrations.

Dans un précédant article paru dans ce même journal en date du Jeudi 17 mai 2001, je préconisait dans un « plaidoyer pour le versement systématique des papiers aux Archives » la nécessité pour le Gouvernement de proposer un texte de loi organisant le mode de gestion des papiers d’Etat. L’Etat devra pourvoir les administrations d’archivistes bien formés et investis des pouvoirs de collecte et de gestion des papiers publics en son nom. Pour ce faire, les Archives Nationales et le Conseil National des Archives doivent avoir les moyens légaux, humains, matériels et financiers pour envoyer dans toutes les administrations des missions en vue de la prise en charge de l’information documentaire. On ne doit pas négliger la force de la sensibilisation. Chaque agent public doit pouvoir comprendre que le bon maintien des archives est vital pour le développement de la nation, mais également salutaire pour lui-même car c’est à cette aune que ses actions seront jugées. Il suffit d’en prendre conscience d’abord au sommet de l’Etat et de mener des actions de choc comme celles engagées contre le retard dans l’administration afin que des comportements citoyens et radicalement positifs entrent dans les mœurs et que l’information documentaire soit valorisée. Merci de changer de comportement vis-à-vis de nos archives ! Le changement passe aussi par là !!!

Ce que vous ne lirez jamais dans « La Nation »: le rapport qui accuse le « havre de paix »

Article rédigé par Mohamed Ragueh, le 3 Octobre 2010.

Ceux qui auront le temps de lire jusqu’au bout ce billet, sauront  quelques verités  difficiles car pas joviale à savoir à Djibouti. Ils auront, le temps de quelques minutes, devant eux « un havre de paix » pas si paisible que l’on voudrait nous faire croire ou que nous meme aimerions croire… Il reviendra encore une fois, à chacun de choisir entre les organes de presses tels que La Nation et la RTD au service de la propagande du regime (où tout marche a merveille) et les rapports de plus en plus nombreux decriant une autre verité. Une chose est sure, ceux qui auront lu cet article ne pourront point dire qu’ils n’ont jamais rien su…

 

Carte représentant les différentes catégories d'Etat selon les critères du Fund for Peace

Carte représentant les différentes catégories d'Etat selon les critères du Fund for Peace

 

L’ indice d’ Etats en terme de sécurité et de paix a été crée en 2005 par une institution americaine; La Fondation pour la Paix (The Fund For Peace) qui note et classe 177 pays membres des Nations Unis  suivant un indice situé entre 0 et 120.

Les pays sont répartis en quatre catégories : pays à vulnérabilité forte (qui sont dans le rouge donc en alerte ; 38 pays), pays à vulnérabilité préoccupante (orange donc en danger permanent ; 92 pays), pays à risque modéré (jaune, 32 pays) et pays stables (vert ; 12 pays).

En 2009, La République de Djibouti se trouvait à la 74 ème place (Zonne orange – pays à vulneablité préoccupante) avec une moyenne de 80.6 et  quatre notes très élevées :

– 8 en pression démographique (haute densité de populations, accès difficile à l’alimentation, extension des zones habitées…)

– 7,4 en criminalisation et délégitimation de l’Etat (corruption endémique, pillage institutionnel, résistance à la transparence et aux pratiques de bonne gouvernance)

– 7.5 en détérioration graduelle des services publics (police, éducation, système de santé, agences de l’Etat au service des élites dominantes)

– 6.9 en émergence de factions au sein de l’Etat (fragmentations des classes dominantes le long de lignes de fracture communautaires)

En 2010, le pays se retrouve à la 68 eme place, s’approchant ainsi de 6 places de la zone dite rouge. Sa nouvelle moyenne est de 81,9 (soit pres de 2 points de plus). Des pays tels que le Mozambique, la Tanzanie, l’Algerie et l’Equateur sont considérés plus « surs »

(http://www.fundforpeace.org/web/index.php?option=com_content&task=view&id=452&Itemid=900).

Autres details importants pour tout esprit clairvoyant, sur les 22 pays africains qui sont dans la zone rouge, l’on retrouve tous les pays de la Corne d’Afrique ( la Somalie, l’Ethiopie, L’Erythree, le Soudan, l’Ouganda, le Kenya) et le Yemen, autre pays frontalier.

Une chose est sure; ce n’est pas avec les prieres que le pays ramera à contre-courant ni avec le mythe du « Havre de paix »… Rendez-vous prochain en 2011 !!

Une qualité insoupçonnable: l’hypocrisie

« BraveHeart », un contributeur du blog DjibCenter, vient de se fendre d’un article dans lequel il présente l’hypocrisie qui, selon lui,  loin d’être ce défaut congénital et honnie par toutes les sociétés, est au contraire une qualité, indispensable qui plus est,  pour évoluer dans la société Djiboutienne.

Selon le dictionnaire Larousse.fr, l’hypocrisie est définie comme suit: « Attitude consistant à dissimuler son caractère ou ses intentions véritables, à affecter des sentiments, des opinions, des vertus qu’on n’a pas, pour se présenter sous un jour favorable et inspirer confiance – Action, parole destinée à tromper sur les sentiments, les intentions véritables d’une personne ».

A Djibouti, il est vrai que l’hypocrisie est une pratique largement répandue. Les relations sociales sont faussées, et certains ont trouvé dans l’hypocrisie un moyen efficace pour se faire bien voir de leurs supérieurs hiérarchiques et ainsi, gagner une promotion. L’hypocrisie est tellement répandue que l’on ne la remarque, ou que l’on ne s’en offusque pas, quand par exemple, un jeune chômeur « casse du sucre » sur le dos d’un « chef » en espérant gagner sa dose de khat du jour: on se dit que le « pauvre » hère fait ce qu’il peut pour survivre…

Revenons à l’article. Intitulé « La plus grande illumination de l’homme: l’hypocrisie », il débute ainsi:

Parfois, je m’indigne de cette quête que nous avons tous, à cherch[er] la vérité, la franchise et la sincérité. Ces valeurs, qui nous sont très chers mais que très souvent, voir depuis toujours nous sont étrangers.

L’auteur, à mon grand étonnement, s’oblige d’abord à rabaisser des valeur telles que la vérité, la franchise et la sincérité afin de mieux commencer son argumentaire surréaliste en faveur de l’hypocrisie, qu’il qualifie plus loin « d »élément-clé » dans le mode de vie Djiboutien!!

Selon un de ses amis, le valeureux « BraveHeart », en voulant  seulement reporter un fait: l’hypocrisie est largement répandue dans notre société, s’est retrouvé avec un papier (qui dépasse de loin sa pensée) [et ] qui finit par faire l’apologie de cette tare…

Cependant, la suite de l’article démontre bien l’intention de l’auteur d’élever l’hypocrisie comme la solution ultime et nécessaire pour vivre en société. On lit, un peu plus loin:

L’homme étant de nature imparfait, la vérité met en lumière ses défauts, le mensonge quant à lui dissimule ses erreurs, mais la magie de l’hypocrisie constitue un pont entre le mensonge et la vérité.

Dans ce passage au lexique pseudo-scientifique, l’auteur exprime bien le point de vue d’une certaine frange de la population, loin de constituer une minorité, qui estime que l’hypocrisie est un mal nécessaire. Son argument-massue est le suivant: supposons qu’un subalterne, au travail, dise ses quatre vérités à son supérieur: les conséquences pour lui seraient graves; et dans toute situation analogique (mari/épouse, enfants/parents, etc.), « le conflit serait perpétuel ».

Mais ce qu’il semble omettre, c’est que l’hypocrisie n’a jamais permis d’établir des relations basées sur la confiance et l’estime mutuelle; au contraire, elle suppose que les partenaires, les collègues et les membres d’une même famille nourrissent forcément des sentiments négatifs les uns pour les autres, ce qui dans ce cas permet de présenter l’hypocrisie comme la solution (« tout le monde se hait, se méprise: donc la solution pour avoir la paix, c’est de ne pas exprimer mes sentiments, et même de paraître nourrir des sentiments contraires »).

Supposons maintenant une situation un peu différente: votre patron (faisant fi des « conseils » de l’auteur) ne vous paie pas. Qu’allez-vous faire? Vous taire, ou plutôt allez-vous protester?

Une autre situation: un pays est gouverné par un dictateur, et emprisonne les membres de votre famille. Qu’allez-vous faire? C’est sûr que si on applique les préceptes de l’auteur, il vaut mieux se taire (et même féliciter le dictateur). De toute façon, vous faisiez semblant d’aimer votre famille, maha?

Djibouti: le règne du faux

Article écrit par Farah Abdillahi Miguil, le 29 Septembre 2010 – source: djiboutidiaspora.info@gmail.com

Paysage désolé - DJIBOUTI

Paysage désolé - DJIBOUTI

« Le Conseil National de la Société Civile Djiboutienne a organisé hier au Palais du peuple, un atelier de validation des recommandations de ses premières assisses qui ont été tenues un certain…09 avril 2010, à la ville de l’Unité… (…)  Deux jours d’intenses réflexions et de débats constructifs. Après avoir salué son rôle et son leadership, la société civile a reconnu « des difficultés majeures qui minent son décollage après l’avènement de la création et des libertés des mouvements sociaux nés réellement avec l’instauration du système démocratique en 1992. » Résultat : un triangle de recommandations audacieuses. » (La nation édition n°174 du mardi 21 septembre 2010). Lire la suite de « Djibouti: le règne du faux »