Une polémique est en train de s’installer autour de la « table ronde » sur l’observation électorale qui s’est tenue le 1er Novembre dernier. Organisée par « Democracy International », une ONG américaine et l’USAID, elle avait réuni, selon La Voix de Djibouti, des représentants de la « coalition » au pouvoir (RPP, FRUD, PSD, UPR et PND) et les différents partis de l’opposition regroupés sous la bannière UAD (Union pour l’Alternance Démocratique): ARD et UDJ.

Cette rencontre, relative à l’observation électorale et au soutien susceptible d’être apporté au bon déroulement du processus électoral a été massivement relayée par les médias gouvernementaux. La Voix de Djibouti soulignait dans son article (repris dans mon blog ici) l’absence de cohérence au fait de participer à une réunion portant sur un aspect du processus électoral alors que dans son ensemble, il « pose problème ».  L’opposition, au dire de « la radio libre », aurait encore une fois joué le jeu du parti au pouvoir pour lequel cette réunion « constitue une incontestable opération de communication ».

L’ARD (Alliance Républicaine pour le Développement), quant à lui, riposte dans le dernier numéro (Novembre 2010) de « Réalité », le bulletin du parti, en publiant une « mise au point ». D’après ce qu’on peut lire, la médiatisation faite autour de cet évènement par la RTD et La Nation est ‘une stratégie de récupération de l’UMP, qui fait partie « d’une propagande savamment orchestrée par le pouvoir » en place afin de faire croire « à l’opinion publique que les Etats-Unis légitiment un troisième mandat présidentiel d’une part, et que l’UAD [l’opposition dans son ensemble, NdlA] participera aux prochaines échéances électorales  d’autre part ». Parmi les membres de l’UMP, les rédacteurs de « Réalité » rapportent la présence d’un « haut gradé de la police politique sévissant dans le nord et officiellement haut fonctionnaire au ministère de l’intérieur qui s’est imposé sans y être invité ».

Cette stratégie n’est clairement pas cautionnée par l’ARD, qui la considère comme « déloyal(e), discourtois et irresponsable » et ce, » envers l’opposition légale ». Ceci dit, la remarque soulevée dans l’article de La Voix de Djibouti ne perd de sa pertinence car, encore une fois, l’opposition a fait le jeu du parti au pouvoir, qui a profité de cette occasion pour donner l’impression que le processus démocratique fonctionnait correctement puisque les partis de l’opposition ont participé à cette réunion sur l’observation des élections sans protester par ailleurs sur les mesures à prendre pour assainir le processus en question.

Lire les articles correspondants:

1/ Opposition: à quoi bon se prêter à une opération de communication du régime sur une improbable observation électorale?

2/Mise au point de la rédaction en ligne de « Réalité »Déloyal, discourtois et irresponsable ! – « Réalité », Novembre 2010