Voici le témoignage accablant d’une jeune Djiboutienne, qui sonne à la fois comme un appel au secours et comme une plaidoierie contre l’indifférence de la société toute entière face à la perdition de la jeunesse. Société qui se contente de les fustiger: « Ils ne savent même pas parler correctement leur langue maternelle! » ou bien: « Les jeunes d’aujourd’hui sont perdus. » Malheureusement, le problème est plus profond que cela. TOUS ENSEMBLE, LEVONS-NOUS ET SAUVONS NOTRE JEUNESSE ET L’AVENIR DE CE PAYS!!

« Je suis une Djiboutienne. Une de ces jeunes Djiboutiennes qui sont tombées dans les mailles cruelles des filets des boîtes de nuit. Aujourd’hui dans les boîtes de nuit, plus d’étrangères, c’est la djiboutienne, la jeunesse djiboutienne qui est exploitée, violée et abusée. Oui, aujourd’hui ces restaurants diaboliques font de la jeunesse djiboutienne féminine un grand marché très juteux. C’est le développement pur et simple du proxénétisme. C’est la chair djiboutienne et son innocence qui sont monnayées très chèrement.
Les bars servent aujourd’hui de lieux de rencontres, d’échanges et de trafiques de la jeunesse djiboutienne. Chaque jour, chaque nuit la jeunesse djiboutienne est impitoyablement meurtrie. Dans chaque bar on applique la même politique, vendre au plus cher la chair de la jeunesse djiboutienne sans ce soucier de la loi. Pour se faire, en premier étage de chaque bar ou à côté de celui-ci, la ou le proxénète loue des chambres. En premier lieu pour attirer cette jeunesse innocente, on affiche des bas prix, en appât on leur permet d’organiser des soirées, et après on sympathise pour qu’ils reviennent. Et ils reviennent. Reviennent et ne repartent plus pour mourir lentement, très lentement dans le silence. La solitude. Et le désespoir. C’est comme ça que je suis devenue ce que je suis. J’étais une lycéenne. En classe de première, j’ai mis les pieds pour la première fois dans une boîte de nuit lors d’une soirée dansante inter amis. Naïve comme toutes les autres, je me suis faite prendre par la patronne proxénète. Elle était gentille. Très gentille. Elle a vite conquis ma confiance. Elle se présentait à moi en mère, en sœur, en amie. J’étais conquise. Je ne payais plus rien. C’était presque chez moi. Elle me présentait à tout le monde. J’étais sa fierté. Elle me promettait tout. Au prochain été, j’allais même partir en voyage en France, le pays de mes rêves. Et ce, par le biais de ses amis blancs, devenus mes amis moi aussi.

Conclusion :
Plus que jamais, je suis seule. Seule. Se suicider. J’ai essayé. Mais Dieu ne l’a pas voulu. Aujourd’hui, seule ma grande mère maternelle nous a acceptée mon bébé et moi. Elle m’héberge comme sa fille. Et mon bébé bien qu’il ait les yeux bleus et les cheveux blonds, il restera son petit-fils. Je parlais de ça par réaction. Alors de grâce réagissez ! Au nom de toute cette génération détruite sur les rives de la Rue d’Ethiopie. Réagissez ! L’Histoire ne nous le pardonnera point.» Saada pseudonyme.

« Ce sujet n´a pas l´air de déranger grand monde aussi bien dans la diaspora
qu´à Djibouti. Que le premier employeur de jeunes djiboutiennes (car il n´y a
presque plus d´éthiopiennes today, raflées en 2003 pour la plupart) soit le
milieu de la prostitution apparaît comme une normalité effrayante.
Bordel militaire de campagne (BMC) comme disent les bidasses ou Saigon ville
pour les journalistes (voir le dernier article en ligne sur Djibnet), je trouve que
cela nous enlève encore plus de notre fierté et de notre amour-propre.
Combien de djiboutien (nes) ont dû ravaler leur honte quand, en déclinant leur
nationalité, ils se sont vu répondre par un français enthousiaste:
– Hé, mais je connais Djibouti ! J´ai fait l´armée là-bas, putain vos filles sont
terribles franchement !
Ou bien sur un ton de connaisseur:
– Hé, tu connais l´ »Hermès » ? C´est là-bas qu´il y a les meilleurs « nayas » …
Je sais bien qu´on n´y peux rien nous , mais voir à quel point nous acceptons
cela comme normal en dit long sur nous-même…(et on aime se définir comme
des somalis fiers , la bonne blague !) » Un Djiboutien de l’étranger.

Dans un rapport rédigé par des Américains installés à Djibouti, on pouvait y lire : « In Djibouti, the prostitution is a big business ». Ils qualifient cyniquement nos filles de « dociles, propres et pas cher ».
Actuellement, 26 armées étrangères sont stationnées à Djibouti ; on peut citer entre autre : les Français, les Américains, les Allemands, les Hollandais, les Italiens, les Espagnoles, les Japonais…Et leur présence génère des milliards de francs Djibouti par an, et pourtant la population djiboutienne est parmi les plus pauvres au monde. Tous ces soldats veulent se détendre et apaiser leur besoin naturel ; ils possèdent surtout beaucoup, beaucoup d’argent. Officiellement, ces armées luttent contre ce que l’on appelle le terrorisme international et la piraterie dans l’océan Indien et la Mer Rouge, deux voies maritimes cruciales pour le commerce mondial. Au passage, ils broient les jeunes Djiboutiennes.
Mais pourquoi les parents sont-ils froids face à ce danger qui extermine leurs enfants ? Comment interpréter ce silence ahurissant et coupable des religieux face à la perversité et à l’immoralité des Djiboutiens ? Quelles explications donner à cette indifférence et à cette passivité des intellectuels Djiboutiens face à la détresse de jeunes Djiboutiennes ? Que dire de cette irresponsabilité des dirigeants du pays face aux complots criminels des spéculateurs du sexe et autres proxénètes ? Car Djibouti n’a rien à envier à Las Vegas qui détient le triste record de capitale mondiale de l’industrie du sexe et son cortège d’argent sale.
Tous les Djiboutiens devraient être condamnés pour « non assistance à jeunesse en danger.»

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