Les secrets d’Etat ne sont plus à l’abri des regards indiscrets depuis que Julian Assange, fondateur de Wikileaks, s’est mis en tête de les révéler. Ainsi nous avons pu découvrir ce qui n’était jusqu’alors que racontars et élucubrations d’obsédés de la théorie du complot, mais qui ont finis par s’avérer, documents à l’appui: l’armée américaine venue « sauver » les afghans et les irakiens de la peur et de la tyrannie, et en massacrant les plus récalcitrants au progrès.

Dernièrement, Wikileaks a remis le paquet en mettant en ligne plus de 250 000 télégrammes diplomatiques américains, intitulés cablegate mettant en lumière la vision des Etats-Unis d’Amérique sur le monde, et donnant des révélations inédites sur des tractations secrètes menées par divers pays à travers le monde.

Ainsi, pour ce qui est de Djibouti, Wikileaks propose un télégramme de l’ambassade américaine datant de février 2009. Classé confidentiel, ce télégramme révèle que le gouvernement Djiboutien a donné l’autorisation à la société militaire privée BlackWater WorldWide de mener des opérations paramilitaires anti-pirates à partir du port de Djibouti. Actuellement connue sous le nom de Xe (prononcer zi), cette société a transformé un bateau (le « McArthur », à l’origine destiné à la recherche océanographique) en navire de guerre équipé de mitrailleuses de calibre 50 mm, povant accueillir deux hélicoptères et une trentaine d’hommes, et destiné à être loué par les compagnies maritimes désireuses de se procurer une protection contre les pirates somaliens en Mer Rouge. Dans ce télégramme, Eric Wong affirme que cette société « n’a pas l’intention d’arrêter les pirates, mais qu’elle utilisera la force », dans l’esprit de ses agissements en Irak, caractérisés par l’utilisation aveugle des armes.

Le fondateur de cette socété a auparavant rencontré l’ambassadeur Djiboutien aux Etats-Unis, Robleh Olhayé puis Hassan Said Khaireh, dit Hassan Madobé, chef des services de renseignement qui lui aurait signifié l’autorisation donnée par le gouvernement d’opérer à partir du port de Djibouti. Aucune information par contre sur la contrepartie attendue par le gouvernement dans cet arrangement, mais sans aucun doute, il s’agit du seul jamais réalisé par BlackWater dans cette région. Toujours selon le télégramme, l’agent local de la société paramilitaire est Inchcape.

BlackWater ayant dores et déjà obtenu la bénédiction de Djibouti, le souci premier de gary Jackson, président de la société, est d’obtenir l’appui de la diplomatie américaine afin de décrocher des contrats avec les sociétés maritimes utilisant les ports de la région. Sous la récente présidence d’Obama, cela semble poser problème. Hillary Clinton avait proposé, pendant sa candidature à la présidentielle, que BlackWater fasse partie de la liste des sociétés « à bannir ». Dans le télégramme, l’ambassade américaine demande à la Secrétaire d’Etat « plus de précisions sur le degré d’engagement » envers cette société.