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D’après un article publié sur le site web de « Reporters Sans Frontières » (RSF) le 10 Juin dernier,  six collaborateurs Djiboutiens de la radio indépendante « La Voix de Djibouti » sont emprisonnés depuis maintenant quatre mois dans la prison de Gabode.  Ces six personnes sont : Farah Abadid Hildid (qui aurait même été torturé par la gendarmerie nationale), Houssein  et Ahmed Farah (le frère de Daher Ahmed Farah, président du MRD, parti d’opposition), ainsi que quatre informateurs : Houssein Robleh Dabar, Abdillahi Aden Ali, Moustapha Abdourahman Houssein, Mohamed Ibrahim Waïss.

Ils ont été placés sous mandat de dépôt le 9 février 2011 pour « participation à un mouvement insurrectionnel ». La juge d’instruction en charge du dossier n’aurait même pas daignée, toujours selon RSF, mener une enquête ou fournir des preuves incriminant ces militants dans un quelconque mouvement insurrectionnel, à moins de considérer comme insurrectionnel le fait d’exprimer librement leur opinion.

  Apparemment, pour le gouvernement Djiboutien, un bon média d’opposition est un média silencieux. Notre beau petit pays détient le triste record d’être l’un des trois pays, avec la Guinée Equatoriale et notre gentil voisin l’Erythrée, où aucune presse privée ne paraît.

En 2005, la radio francophone RFI fut interdite des ondes après avoir diffusée une émission sur la mort du juge Borrel. En 2007, le journal d’opposition « Le Renouveau d’opposition » (dans lequel travaillaient deux des collaborateurs de « La Voix de Djibouti »: Farah Abadid Hildid et Houssein Ahmed Farah) est définitivement réduite au silence après une longue période de harcèlement au cours de laquelle le matériel de composition et d’immpression du journal furent « perquisitionnés » (trois fois en quatre mois), le personnel du journal arrêté et emprisonné à plusieurs reprises et des procédures juridiques ouvertes pour « diffamation » et « publication de fausses nouvelles » ouvertes.

Peu à peu, l’étau qui commençait à se resserrer lentement mais sûrement, a fini par étouffer l’une des dernières voix discordantes du pays. Cette situation, caractérisée par un concert de louanges et de vérités officielles, n’est pas sans ressembler à celle décrite par Georges Orwell dans son livre 1984.