Le khât est-il une drogue?


Le khât est une plante qui pousse essentiellement en Ethiopie et au Yémen, et dont l’intérêt réside dans ses feuillages qui sont mastiquées.

 

La question de savoir si le kKhat-4hât est une drogue ou non peut sembler superflue. Néanmoins, il n’est pas inutile de se la poser, vu l’étendue de la consommation du khât dans la société djiboutienne d’un côté, et l’absence de débats publics autour de ce sujet d’un autre. En outre, la réponse à cette question permettra d’ouvrir des perspectives sur les mesures appropriées à prendre au niveau individuel et social face à ce phénomène. Un certain nombre de personnes ont déjà entrepris à leur niveau d’arrêter de khater (ou de brouter comme vous voudrez), et je me propose d’exposer leurs parcours dans des articles ultérieures.

Disons donc qu’il s’agira de poser le premier jalon d’une discussion qui, j’espère, suscitera l’intérêt de tous les Djiboutiens.

Pour commencer, regardons autour de nous. En Europe et aux Etats-Unis, le khât est clairement considéré comme une drogue. Aux Etats-Unis, la consommation, l’achat, la vente et la possession de khât sont illégales. Au Royaume-Uni, la consommation et la vente de khât a été pénalisée le 24 juin 2014.

Quant à notre petit pays, le commerce et la consommation du khât se fait au grand jour. Les étrangers qui viennent pour la première fois à Djibouti sont intrigués à la vue de ces boîtes vertes qui encombrent nos ruelles, et sont encore plus étonnés quand ils apprennent leur utilité.

vente_du_khat

Les vendeurs et vendeuses de khât sont des commerçants comme les autres à Djibouti, et ont pignon sur rue. Les grands importateurs de khât paient leurs impôts à l’Etat (voir articles 115 et 284 du Code Général des Impôts de Djibouti).

C’est que cette herbe s’est profondément intégrée dans les mœurs de notre société, à tel point qu’on pourrait comparer les mabrazes (endroits où on se réunit pour khâter) aux bars des pays occidentaux, ou aux « maquis » de l’Afrique de l’Ouest.

Aucune statistique n’est disponible au niveau national, mais on peut aisément dire sans se tromper que la majorité des adultes mâles et une partie de plus en plus importante de la gente féminine s’adonnent à la consommation du khât.

Pourquoi aucun débat n’a été initié par les acteurs sociaux, l’Etat ou les médias nationaux? A mon humble avis, il existe deux raisons principales à ce silence ahurissant. Le khât pèse lours dans l’économie nationale; limiter son importation, le surtaxer ou l’interdire serait un énorme manque à gagner pour les caisses de l’Etat. De plus, cette plante est un excellent moyen de calmer la population et la rendre « inoffensive »: Peace and Love!!

Alors en fin de compte, le khât est-il une drogue, oui ou non? La réponse est évidemment oui! Les conséquences de la consommation du khât sont très néfastes et affectent tous les aspects de la vie du consommateur, des membres de sa famille et la société toute entière.

A nous maintenant de chercher à savoir que faire….

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