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La Gazette de Djibouti

Des nouvelles de Djibouti, "mon petit pays"

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Santé

Le spectre de la sécheresse…de nouveau

Le site web reliefweb rapporte des nouvelles inquiétantes relatifs à la sécheresse. Le spectre de la sécheresse menace en effet la région de la Corne de l’Afrique. Ce qui ressort, c’est encore et toujours la vulnérabilité de la population rurale qui a déjà été durement touchée en 2010-2011, et le manque de réponse apportée à cette catastrophe annoncée de la part des gouvernements respectifs de ces pays dont Djibouti.

Voici l’article en entier, que je vous laisse lire. Lire la suite

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La France a la rescousse ?

Camp de refugies de Dadaab, au Kenya
Camp de refugies de Dadaab, au Kenya

Depuis maintenant un bon moment, une crise alimentaire majeure frappe de plein fouet la Corne de l’Afrique. Selon les Nations Unies, elle serait « la pire que le monde ait connu depuis 1991 » avec 11 millions de personnes touchées (Cf: Corne de l’Afrique/Réfugiés au Kenya – document PDF), aggravée par une sécheresse récurrente et l’envolée des prix de première nécessité (voir la carte ci-après).
EPE - Equipes de Protection Embarquees, Armee francaise
EPE - Equipes de Protection Embarquees, Armee francaise
D’apres Le mamouth (blog sur la defense nationale francaise), la France envisage de contribuer avec des moyens militaires à la distribution d’aide humanitaire dans la corne de l’Afrique. L’aide apportée pourrait se traduire a deux niveaux: par la logistique aérienne (transport de denrées alimentaires), et par des sécurisations maritimes (avec des EPE-Equipes de Protection Embarquées sur les navires humanitaires).
La France dispose d’un Transall (avion bimoteur de transport militaire a rayon d’action moyen) a Djibouti et de sept Pumas (hélicoptères militaires de transport d’assaut) a La Réunion, qui pourraient être utilises autant pour le transport et le convoyage de denrées que pour la sécurisation des camps.
En fin de compte, ceci reste encore a confirmer au niveau officiel, car l’Etat-major de l’Armée Française n’a pas encore communiqué sur le sujet.

Le gouvernement aux petits soins pour les citoyens…jusqu’à la mort

Après le 26ème conseil des ministres qui s’est tenu le mardi 26 Octbre, les Djiboutiens ont eu le soulagement d’apprendre par voie de leur média favori (la RTD qui a la particularité d’être unique au monde) qu’ils pourront continuer à enterrer leurs morts dans l’un des deux cimetières de la capitale. Seulement voilà, ils ne pourront plus le faire gratuitement.

Le gouvernement prévoit, avec sa sollicitude légendaire, de mettre sur pied une contribution nationale intitulée « Waqf cimetière ». Cette contribution sera mensuelle et ridiculement peu élevée, vu la situation de crise économique que nous vivons: 200 FDj. L’objectif affiché est d’améliorer la gestion des cimetières: il n’est plus question de reposer dans un terrain vague poussiéreux et à peine ombragé. Les Djiboutiens pourront désormais mourir tranquillement: leurs sépultures seront mieux conservées.

Une précision pour finir: cette contribution ne sera pas versée par l’Etat, mais prélevée sur les salaires des employés. C’est vous dire qu’il y a intérêt à être salarié si on veut mourir dignement dans ce joli petit pays.

Et pour ne pas occasionner de frais supplémentaires et inutiles à votre famille, évitez de mourir de crise cardiaque en plein milieu de la rue, ou écrasé par un chauffard: les frais de conservation de votre corps à l’hôpital public Peltier coûte 5000 FDj par jour…

Le cercle vicieux de la malnutrition et de la mauvaise gouvernance

Voici une vidéo qui devrait nous faire réfléchir avant de pousser des cris de joie face aux chiffres surréalistes sur notre économie présentés par le gouvernement. Une croissance économique de près de 5%, et des projets « toujours en cours »…

Starved for attention, Djibouti : frustration
envoyé par msf. – L’info internationale vidéo.

La malnutrition touche notre pays de plein fouet et représente les échecs répétés, ou sinon l’inefficacité de l’action de l’Etat à combattre ce fléau, en se repliant sur des actions de « générosité » ponctuels, qui servent plus d’effet d’annonce qu’à autre chose. Distribuer des vivres à une population en manque d’attention ne suffit hélàs pas à faire oublier ces enfants décharnés et souffrant de ce handicap jusque dans leur parcours scolaire: comment un enfant qui n’a pas suffisamment mangé à sa faim, ou qui n’a pas reçu sa dose quotidienne de vitamines peut réussir à l’école?

INDS, ADDS, … des sigles lancés à la face du peuple mais qui sont suivies de peu d’effets concrets. Des budgets astronomiques, et des aides aux montants non moins faramineux, qui au final atteignent rarement leurs véritables destinataires, c’est-à-dire cette « frange de cette population exclue du processus de développement enregistre à charge toutes les conséquences néfastes du chômage, de l’exclusion et de la misère », comme l’a si bien décrit le président de la République, lors d’un discours en 2007.

Aujourd’hui plus que jamais, « solidarité » est un mot qui désigne aux yeux du gouvernement une stratégie de communication servant à montrer aux citoyens que des actions sont en train d’être entreprises, et qui ne trouve sa réalité qu’au sein de la population, entre membres de la famille.

Sécheresse et famine sont le lot quotidien des populations de l’intérieur, résignés à dépendre de l’aide du Programme Alimentaire Mondial. Une population qui accourt vers une capitale asphyxiée par la hausse permanente et continue des prix de première nécessité et l’inflation galopante, aux abois face à un avenir incertain,  incrédule face aux annonces triomphantes de nos gouvernants qui déclarent que le pays va de mieux en mieux et qui ressent les effets de la malnutrition, même dans les couches dites « moyennes ».

Il est normal qu’un pays en voie de développement ait à faire face à des problèmes de sécurité alimentaire, surtout pour un pays qui importe tout ce dont il a besoin. La différence entre un employé et un chômeur à Djibouti ne tient qu’à fil: l’un croule sous les factures et a du mal à vêtir et nourrir correctement ses enfants, tandis que l’autre a du mal à se vêtir correctement sa propre personne.

En luttant contre l’inflation en hausse et la cherté de la vie, le gouvernement pourrait donner un « bol d’air » à une frange de la population non négligeable qui, sans se plaindre de chômage, a du mal à joindre les deux bouts. Les ménages pourraient accéder à une alimentation plus variée si elle était abordable. Comment un chef de famille pourrait songer à acheter des fruits à sa progéniture quand il a du mal à acheter des légumes en quantité suffisante? C’est devenu un luxe pour certains, de même que la viande ou le poisson.

Le problème à Djibouti n’est pas le manque de textes de lois, de programmes de lutte contre ceci ou cela, c’est leur concrétisation et leur suivi, leur absence d’impact sur la population. Pourrait-on arguer que les recettes de l’Etat sont insuffisantes et absorbées par les salaires des fonctionnaires qu’on ne pourrait ignorer les aides des institutions (BAD, FMI, ONU, …) et des pays (France, Qatar, Kowaït, Japon,Chine, …) qui affluent de toutes part.

La lutte contre la famine est loin d’être gagnée

mLa sonnette d’alarme vient encore une fois d’être tirée par les organismes internationaux sur la famine qui sévit toujours à Djibouti. Malgré la volonté affichée du gouvernement de combattre la famine et la pauvreté, ce combat est visiblement loin d’être gagné pour l’instant.

D’après l’IRIN,  Djibouti aurait besoin d’une assistance alimentaire d’urgence à destination de la population rurale.  Selon la « Famine Early Warning Sysytem Network (FEWS Net) », une ONG disposant d’un bureau à Djibouti (Héron),  la population rurale souffrirait de plusieurs années de sécheresse consécutives, et ce, malgré l’annonce de bonnes précipitaions durant la période Juillet-Août de cette année 2010.

Cette sécheresse occasionne une migration massive des ruraux  vers la capitale. Dans l’espoir de trouver de quoi se nourrir, nos habitants de la campagne se dirigent vers la capitale, mais se heurtent à des conditions de vie très précaires, même pour les citadins, qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts. La cause principale : la flambée des prix des produits de première nécessité. Malgré l’annonce d’une régulation des prix « pour la période du ramadan », rien ne semble avoir été fait.

L’aide alimentaire, quant à elle,  est insuffisante et inadaptée. Des organistions telles que l’UNFD (Union Nationale des Femmes Djiboutiennes, association présidée par la première dame, Mme Kadra Haïd) organisent de temps à autre, au cours de cérémonies médiatisées via les organes de presse gouvernementaux, une distribution de vivres.

Les conséquences sont terribles surtout pour les enfants, dont la majorité ruraux et citadins compris, souffrent de malnutrition plus ou moins aigûes. Les visions d’enfants squelettiques et mal nourris sont tellement fréquentes à nos yeux à nous, Djiboutiens que nous ne les remarquons même pas. Pourtant ils sont là, que nous le voulions ou pas. Lens, un blog du New York Times dédié aux photographes, a publié récemment des photos édifiantes d’enfants en situation de malnutrition aigües. Des images poignantes de petits êtres souffrant faibles, au bras de leur mère hébétée et impuissante.

MSF (Medecins Sans Frontières) dénoncent l’inadaptaion de cette aide alimentaire aux enfants, et a lancé une campagne de sensibilisation sur ce thème intitulé « Starved for attention » (Faim de considération, site web dédié à découvrir en cliquant ici).

Pauvreté, sécheresse et flambée des prix. Famine, malnutrition et migration massive. La lutte contre la pauvreté et la famine est vraiment loin d’être gagnée. C’est à se demander si elle n’a jamais commencée…

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